Quand Tokyo devenait trop lourde, il y avait Takayama. À seulement une heure de train de Chofu, le décor changeait radicalement. C'est là que j'ai trouvé le Japon des estampes : des maisons de bois sombre, des toits inclinés, et une atmosphère si paisible qu'elle semblait appartenir à un autre siècle. C'était le cliché parfait, mais vivant, vibrant de réalité.

Mais cette paix avait son côté sauvage. On nous mettait en garde contre les ours bruns qui rôdaient dans les forêts environnantes. Cette menace invisible ajoutait un piment étrange à mes randonnées. Passer des gratte-ciels de Shinjuku au silence d'une montagne où l'on peut croiser un prédateur est une expérience qui remet les idées en place.

Takayama a été ma respiration. Là-haut, entre les sanctuaires cachés dans la brume et les sentiers de terre battue, j'ai compris que la modernité japonaise n'est qu'une fine couche posée sur une nature indomptable. On ne domine pas le paysage japonais, on l'habite avec précaution, en respectant les esprits de la forêt et le silence des pierres.