Il est 20h, il fait 2°C dehors, et je sors d'une journée de 10 heures de cours en Prépa. Mon cerveau est saturé d'équations, mes yeux piquent, et mon lit me semble être le seul paradis possible. C'est dans ces moments-là que se joue la véritable discipline. Ce n'est pas quand on est motivé, c'est quand on est au bout du rouleau.

Je me suis imposé une règle : la règle des 40 minutes. Peu importe l'état de fatigue, je dois aller à la barre. Même pour faire trois tractions pathétiques. Parce que ce qui compte, ce n'est pas la performance de ce soir, c'est le maintien de l'habitude. L'élan est plus dur à construire qu'à briser. Si je rate un soir, je m'autorise à rater le suivant. Et c'est ainsi que l'on abandonne.

S'entraîner épuisé m'a appris la résilience mentale. On apprend à éteindre son cerveau, à agir comme un automate. On saisit la barre, on tire, on redescend. C'est brut, c'est sans gloire, mais c'est ce qui forge un caractère. La callisthénie, comme l'ingénierie, est une science de la répétition. Chaque petite séance, aussi médiocre soit-elle, est un pavé de plus sur la route de la maîtrise. Aujourd'hui, je sais que ma force ne vient pas de mes muscles, mais de toutes ces soirées où j'ai refusé de rester au chaud.